Collection Roman noir
Vain Sang
par Laurent Barbaut
ISBN : 978-2-35568-020-5
Editions du polar. Prix indicatif : 19 €
246 pages
Suivi de Vincent
Adaptation théâtrale : Laurent et Balthazar Barbaut
Dans sa quête artistique, l'auteur créé des ponts interactifs entre différentes formes d'expressions. En voici une avec son roman VAIN SANG et son adaptation théâtrale VINCENT, présentée à Paris fin 2008, coécrite avec Balthazar Barbaut.
(…) Ma mère a beaucoup souffert de se sentir abandonnée comme l’unique passagère d’un avion sans pilote. De mon côté, je n’ai découvert la solitude que récemment. Avant il y avait toujours Shakespeare. Il a disparu avec ma mère. Je n’avais pas d’autre solution pour l’éliminer. Pour me libérer. Maintenant je suis seul. C’est mieux pour les autres, les vivants. »
Extrait
(...) Le plus dur était que ma mère ne se réveillait jamais avant quatre ou cinq heures de l’après-midi. Je me levais et me préparais seul pour aller à l’école. Le midi je grignotais ce qu’il y avait dans le frigo, quand il y avait quelque chose. Au souper je mangeais bien parce que ma mère me cuisinait toujours un plat. Mais le matin, souvent, je ne me levais pas. J’avais déjà des problèmes d’insomnie. Le soir je regardais la télé avec ma mère ; puis elle se préparait et sortait. Ensuite je rallumais la télé, ou je lisais. Oui j’aimais lire. Jusqu’au jour où un copain de ma mère nous a donné son ancien ordinateur. Après je passais mes nuits à jouer devant l’écran.
Gamin, je n’ai jamais connu mon père. Ma mère m’a dit qu’elle non plus… enfin qu’elle n’avait jamais vraiment su qui il était. Tout petit elle m’a fait promettre de ne jamais parler de lui. Ce jour-là ma mère a tué mon père. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait de mal pour qu’elle refuse de m’en parler. Mais j’ai tenu ma promesse.
…
J’ai dix-huit ans et je suis incarcéré pour le meurtre de ma mère. De mon père aussi. J’attends mon procès. J’y serai également jugé pour mes autres crimes.
Quand mon avocat monsieur Werther m’a proposé : « Nous devons faire équipe pour ce combat ; et j’ai besoin que tu me racontes tout pour préparer ta défense », je n’ai rien répondu. Mais je suis prêt parce que j’ai toujours lutté. Je me suis toujours battu.

